critiquesthéatre

23 mars 2009

Angelique Ionatos

Publié par jmgautier dans festival avignon 2006

Angélique Ionatos

Toutes les saveurs de la Grèce

  

Elle entre en scène, petit bout de femme, sarment de vigne; chevelure noire ornant de ses volutes son mince visage. Elle est accompagnée par un violoniste, aux multiples violons mais au talent saisissant, Michael Nick Musicien discret, présent, un léger sourire aux lèvres, l’archet toujours au bon endroit. Ils s’installent au centre du cœur de cette magnifique église des templiers, moment de communion dès les premières notes.

Dès qu’elle se met à chanter sa voix nous propulse en Grèce, déchirée et découpée comme les côtes du Péloponnèse, profonde et limpide comme les eaux qui les bordent. Voix comme un cri, une déchirure. Voix comme un poème qui éclate au soleil, comme une caresse qui nous enveloppe. Voix ensorcelante qui nous propulse au firmament.

Sa musique plonge dans son pays natal, se nourrit de son soleil, de ses contrastes, de ses lumières. Musique moderne, alerte, pleine de vigueur.

Qu’elle chante en français pour nous laisser saisir le sens de la poésie qui l’habite  ou qu’elle chante en grec, les mots éclatent comme  des feux d’artifice.

Elle chante la mer « toi la mer et moi ton naufrage », « une vague dans la lumière réinvente les yeux, là où la vie navigue vers la contemplation », « des vagues viennent et repartent comme une réponse écumante aux oreilles des coquillages ».

Elle chante l’amour, « venir près de toi nue comme un midi du mois d’août avec le meltem de mes cheveux t’enveloppant », « noirs les yeux, noirs les cheveux et les lèvres rouge sang, des yeux noirs au regard perçant comme une flèche mortelle », « arrête mon cœur arrête de souffrir, cesse d’attendre, deviens comme une pierre pour ne plus battre en vain ».
Les mots sonnent à nos oreilles, nous parviennent au cœur, les notes éclatent en notre cerveau, communion du corps et de l’esprit, moment de suprême bonheur.

 Angélique Ionatos sait nous guider vers des sentiers emplis de senteurs, pour nous faire atteindre la félicité. On ressort comme neufs, la tête dans les étoiles, dehors la fraîcheur est revenue, le jour nouveau peut arriver. 

S’il est un concert à ne pas manquer c’est celui ci.

  

Jean Michel Gautier

Au Théâtre du Petit Louvre à 22h30

23 mars 2009

Valse N°6

Publié par jmgautier dans festival avignon 2007

Seule en scène pour « Valse N°6 »

Une magnifique interprétation

  

Une jeune femme joue au piano la valse n° 6 de Chopin, elle est dans une grande pièce blanche, tout est blanc, le sol, les murs, le mobilier, impression étrange. Elle se lève et parle d’elle, de son passé, de son présent. Propos décousus, va et vient permanent entre réel et imaginaire, vérité et mensonge, fantasmes, et souvenirs. Le temps lui aussi est décomposé, pas de chronologie, pas de hiérarchie , ce sont des bulles qui montent à la surface un peu au hasard et éclatent . Peu à peu l’écheveau de sa vie se déroule et se  dénoue,  on comprend sa souffrance, ses manques, ses attentes et ce qu’elle a subi, on comprend que derrière cette déstructuration de l’être, derrière cette quête intérieure se révèle un glissement inéluctable vers la folie, jeune fille mal aimée, dans une famille néobourgeoise coincée

Sonia a t’elle perdu sa liberté un soir après avoir été poignardé dans le dos, un jour après avoir été violé par le médecin de famille ? …ses parents l’ont fait enfermer . Elle tente seule dans sa cellule de renouer les fils qui l’on amenés là où elle est. Lent travail intérieur, lente progression dont on voit à l’évidence la chute.

 Le récit est vif, l’auteur Nelson Rodriguez, un brésilien aime dénoncer la morale bourgeoise judéo-chrétienne dans un théâtre qui choque bien souvent.

La comédienne Jane Bréduillieard, jeune débutante a un jeu très juste nous diffusant son désarroi intérieur avec intensité, elle modifie ses sentiments à un rythme infernal, nous entraînant dans sa spirale avec efficacité.

Le décor et la mise en scène concourent à nous embarquer facilement, par une alternance de musique, danse et récit, un très beau travail de Alain Igonet mené par une jeune comédienne pleine de talent et de promesses.

  

Jean Michel Gautier

Le Funambule à 18h20

23 mars 2009

Teruel

Publié par jmgautier dans festival avignon 2007

« Teruel »

Une ode à la corrida au travers des pulsions humaines.

  

  

Tirée du livre « Rhône Saga » de Pierre Imhasly, auteur Suisse du Valais, une mise en espace chorégraphiée à trois pas et une voix.

Teruel, ville aragonaise de passion au climat rude de l’Aragon, évoquant puissance et force.

Mise en parallèle avec la corrida,  passion andalouse, rituel de mort autour du taureau magnifié et sacrifié. Rituel d’extrêmes, de passion d’attirance et de violence.

Teruel devient une corrida mimée par deux danseuses/taureau et un danseur/récitant/torero.

On est dans le noir comme le taureau dans son box attendant d’être jeté en pleine lumière, on attend, que va t’il se passer ….des frémissements et c’est la lumière qui nous éblouit. Le sol comme du sable jaillissant sous les sabots de la bête fuse sous leurs pas; les danseuses/taureau prennent possession de l’arène, l’espace leur appartient, la liberté revient. Mais arrive l’homme et elles doivent  se confronter au torero.

Retransposition de cette fête païenne, de ce rituel de mort, de cet hymne à l’amour aussi.

La chorégraphie est belle prenante, les danseuses, Géraldine Lonfat et Stéphanie Boll sont magiques, complètement envahies par leur rôle elles se donnent totalement, on est touché.

La corrida devient une grâce absolue, on en oublie la mort, ne reste que ces pulsions, ces élans amoureux qui unissent l’homme et la bête, ils sont dans une spirale qui les dépasse, ils sont au centre d’un rituel qui est loin de l’humain fusionnant mort et vie, amour et violence, surnage la beauté.

La musique colonne vertébrale de la danse de par ses répétitions accentue le phénomène angoissant qui unit les protagonistes, l’issue est fatale, pourtant aucune haine, uniquement de l’amour et de l’admiration. Sentiments ambigus, on aime et on tue, on tue avec désespoir,  on tue pour accomplir le rite.

Placer ainsi une corrida à Teruel c’est mettre en, évidence cette relation passionnelle, c’est le centre de la corrida.

On ne sort pas indemne, c’est très beau.

  

Jean-Michel Gautier

Gilgamesh théâtre 22h30

23 mars 2009

Sidhartha

Publié par jmgautier dans festival avignon 2007

Une troupe indienne nous entraîne dans un conte philosophique

« Sidhartha » de Hermann Hesse

  

  

A l’entrée de Villeneuve, sur la droite derrière un mur, un jardin potager, au fond du jardin un théâtre en plein air.

« L’Abhinaya Theatre Research Centre » propose “Sidhartha” une pièce  d’Hermann Hesse, écrivain suisse qui n’a cessé de remettre en cause les autorités. Ses brillants plaidoyers sur ses inquiétudes face aux nouveaux conflits internationaux, remporteront un franc succès.

Sidhartha est en quête de vérité, il veut atteindre une certaine pureté, aspirations Bouddhiques, détachement des biens de ce monde, atteindre un état qui est pourtant en soi, quête intemporelle et profondément humaine que l’on retrouve dans toutes les civilisations.

Dans un langage théâtral abouti le metteur en scène Jyothish nous fait pénétrer avec facilité malgré la barrière de la langue sur les traces de Sidhartha

Nous sommes plongés dans l’Inde du VIè siècle avant notre ère, où Sidhartha, jeune homme va à la découverte de la Vérité. Pour cela, il part à sa propre poursuite. Son errance sera longue, douloureuse, étrange, tourmentée. Itinéraire où chaque rencontre, chaque événement sera un pas de plus vers son cheminement personnel. Il veut devenir son propre gourou, suivre la route des autres le perd. Il apprend à écouter sa propre voix et à se faire confiance, il connaîtra enfin le sel de la vie, sa voie personnelle, celle où l’on avance seul, sachant que l’on s’enrichit les uns des autres.

Une vingtaine d’artistes indiens nous fait toucher du doigt leur culture et leur art par une gestuelle toute en délicatesse. Une interprétation magique et colorée dans un univers harmonieux liant vie et nature, chants, danses, couleurs et baigné de musique. Près de deux heures de spectacle où l’on partage ce voyage, en oubliant presque l’écart de la langue.

  

Jean Michel Gautier- Fanny Inesta

  

Villeneuve en Scène

Villa du pin 22h30

  

23 mars 2009

Les tramps

Publié par jmgautier dans festival avignon 2007

Les tramps : trois clowns sur un bout de trottoir

Poésie et rire en cascades

  

  

Sur un bout de trottoir un lampadaire cassé, une poubelle,  un reliquat de chaise et un clown/clochard qui tricote à côté de ses ballons rapiécés, va arriver un autre clown amenant avec lui une jolie histoire sans paroles, une écharpe qui n’en finit pas qui amène un autre personnage et les situations vont s’enchaîner avec toujours beaucoup  inventivité et de  poésie (merci Lucie Gougat ),qui vont déclencher les rires issues de la tristesse, mais c’est ainsi, on ne rit pas du bonheur.

Si l’on met un nez rouge à la misère ne devient elle pas plus poétique, plus supportable, elle devient spectacle que l’on regarde en riant , en rie beaucoup même pour s’excuser de ne rien faire que de regarder. Pour tant c’est tout près de nous souvent et nous passons à côté ..pas de nez rouge.

Quelques moments rares, notamment un personnage qui promène sa valise et on découvre que c’est son jardin potager, il y ramasse une carotte, la mange arrose les fleurs et les plantes, jeu de dés dans le clair-obscur, rêverie sur une chaise.

Univers clownesque, univers de la rue transporté sur une scène, univers du mal de vivre, des exclus conté avec beaucoup de poésie, d’amour, de compassion et une brassée d’humour.

Les comédiens sont étonnants, Dario Costa taillé à la serpe, aiguillon vif sorte de Buster Keaton, Damien Ricour, rêveur planant au-dessus de la scène et Jean Louis Baille qui a des gestes d’une précision, remarquable un jeu qui nous transporte, un regard qui vous trouble. On l’avait remarqué dans un autre spectacle joué cette année à la Parenthèse, dans « Déconcertez moi » Travail de comédien époustouflant, si juste qu’il en trompe les spectateurs (n’en disons pas plus pour ne pas déflorer le spectacle), mais aussi remarquable chanteur, un être d’exception.

  

  

Jean Michel Gautier

Théatre des Lucioles à 18h35

23 mars 2009

Les justes

Publié par jmgautier dans festival avignon 2007

« Les justes » de Camus revu avec brio par une jeune compagnie 

Réflexion sur notre temps. 

En 1905 un jeune terroriste nommé Kaliayev, membre d’une organisation révolutionnaire russe, a refusé de lancer une bombe contre le grand-duc Serge lorsqu’il s’est aperçu  qu’il était accompagné par deux enfants. Quelques jours plus tard Kaliayev a lancé la bombe quand le grand-duc était seul. En 1949, Camus en fera le sujet de sa pièce « Les Justes ». 

Dans la pièce il s’agit de la Russie au début du XXème siècle, mais on y trouve bien des problèmes qui existaient sûrement en France, en Europe au milieu du XXème siècle, quand la pièce était écrite.

Le metteur en scène, Antoine de Staël a gommé les passage trop temporels pour en faire une oeuvre actuelle, une réflexion sur le sens de la justice.

La justice est une idée, c’est-à-dire une chose sur laquelle  on peut discuter pendant des heures. Chez Camus, une idée, ne vient pas forcement de notre raison 

Kaliayev ne peut pas tuer des enfants, même pour sauver des milliers d’autres enfants russes. Par contre, Stepan est prêt à tout faire. Pour lui, les idées sont plus importantes que les hommes, et même plus importantes que les enfants. Il dit: « Je n’ai pas assez de cœur pour ces niaiseries. »

Trop rationnel? Peut-être … mais si tout le monde était « rationnel » 

Il n’y aura jamais de monde parfait. Ceci est une position claire . Est ce que cela veut dire qu’on ne peut rien faire pour améliorer la condition humaine? 

Une mise en scène dépouillée à l’extrême, s’inspirant de la tradition asiatique, un éc airage de lampes et non de projecteurs pour donner plus de vérité. Un jeu très réaliste fort bien interprété par les comédiens qui sont tous parfaits. Camus est encore d’actualité, porté ainsi au milieu des problèmes de notre temps. Support de toute réflexion. 

  

Jean Michel Gautier 

Théâtre Golovine à 18h30

  

23 mars 2009

Shan zai dragon

Publié par jmgautier dans festival avignon 2007

Le théâtre du funambule accueille le théâtre de Taiwan

« Shan zai dragon » une merveilleuse œuvre à ne pas manquer

  

Le théâtre taiwanais poursuit sa mission de gardien du théâtre traditionnel chinois tout en incluant une réelle modernité acquise au contact de la civilisation occidentale. La Compagnie « le Shang Orienthéatre » dirigée par sa créatrice Sun Litsuei place son travail au sein d ’une formation passant par les arts martiaux  tout en prenant aussi appui sur le travail de Marcel Marceau et Jacques Lecocq dont elle fut l’élève.

Dans un décor dépouillé, quelques pinceaux de lumière donnent le relief aux acteurs qui se déplacent avec fluidité dans un découpage du geste donnant la valeur aux actes. Quelques traits de couleur rouge zèbrent la scène, une jeune fille pousse une roue…la musique jouée en direct par une musicienne entourée d’une foule d’instruments concourt à la perfection du travail.

On ressent fortement la base de la formation des acteurs dans leurs jeux mesurés, basé sur le souffle, la gestuelle précise, pure comme un dessin à la plume des maîtres, comme une calligraphie dessinée dans l’espace.

La pièce sans un mot nous raconte la quête d’une guerrière partant à la recherche du dragon (symbole d’harmonie) pour retrouver l’unité perdue. Elle va traverser plusieurs cycles de vie, on assiste d’ailleurs à un accouchement remarquable, émouvant, avec une simplicité de moyens. Le dragon dans sa représentation est magnifique, une belle création plastique, soutenu par un jeu remarquable. L’enfant et son éveil à la vie sont fabuleusement interprétés par un jeune acteur doué d’un réel talent.

Il faut se laisser bercer par le jeu parfait des acteurs, par la symbolique chinoise, par la musique sobre mais juste, il faut entrer  et on le fait sans aucune difficulté dans ce récit proposé, plastique, précis.

  

Jean Michel Gautier

Le Funambule à 16h30

23 mars 2009

Jardins intérieurs

Publié par jmgautier dans festival avignon 2007

Quand le « jardin intérieur »  n’est plus un jardin secret

Une réussite de Lucia Pozzi  au Bourg neuf

  

  

Dans l’intérieur d’un domicile, un couple se déchire joue et se joue. Ils se jouent à chacun, se jouent de nous.

 Au fond, un couloir où perce parfois une lumière, sur le côté derrière un rideau/écran un pianiste égrène des notes, ponctue les scènes et les mots, image les gestes de spirales et de volutes musicales.

Elle veut le tuer parce qu’il ne l’aime plus  (banal mais curieux cependant…doit on tuer tous ceux qui ne nous aiment plus ?)

 Il n’y croit pas trop et rentre dans son jeu de destruction. Qui va être tué, lui, elle, leur enfant ? Les questions s’enchaînent et les réponses ne fusent pas.

 On est dans une pièce montée en polard dans une atmosphère années 50, ère de la nouvelle vague, ils en ont le physique, l’allure; le décor et les costumes y concourent, la musique aussi. On repart en arrière dans une mise en scène très précise, taillée au cordeau, par Lucia Pozzi dont on avait apprécié l’an passé le travail dans « jardin public ». Ici plus de tonicité, plus de finesse aussi,  bien orchestrée et bien interprétée par la superbe Gaëlle Veillon et l’auteur Grégoire Aubert la pièce nous emporte. Un quatrième personnage occupe la scène, la voix off de l’héroïne Marie, qui nous touche par son modelé, son expression et sa présence d’actrice même si hors scène.

La pièce se déroule avec merveille sur les tempos du compositeur Frédéric Monzo dont le jeu et l’implication sont constants même derrière ce pâle rideau de tulle.

Lucia Pozzi a réussi à donner une existence à ce texte par une mise en scène millimétrée, par une méticulosité dans les détails, dans une foule de moyens qu’il faut découvrir. Son parti pris nostalgique des films noirs des années cinquante ourlé de fushia nous entraîne dans le jeu, dans les jeux avec ravissement. Une pièce d‘un jeune auteur à découvrir, réserver est prudent.

  

Jean Michel Gautier

Théâtre du Bourg neuf à 19h30

23 mars 2009

Hymnus

Publié par jmgautier dans festival avignon 2007

Quand les Roumains viennent en Avignon

« Hymnus »… c’est très fort

  

  

Ils sont en scène avec leur français parfait coloré par l’air de leur pays, ils ne jouent pas, ils vivent, ils ont cette générosité des pays de l’Est, ils nous entraînent sans peine…

« Hymnus » l’hymne du pays chanté à tue tête pas le héros tous les soirs de beuverie dans la cour de l’immeuble à en faire éclater les vitres, à en faire prêter les tympans.

Il est alcoolique, elle pas futée, ils ont des enfants que l’on devine, qui subissent. Ils vivent dans un réduit nauséabond où s’entassent les ordures ménagères où il n’y a rien, rien à manger, rien à vivre. On assiste à leur vie qui se passe entre les soûleries du héros.

Heureusement il y a les voisins bien intentionnés, ou exaspérés, les autorités, les organisations d’aides qui agissent avec peu d’humanité. Tout ce beau monde va se mettre en quête de les aider mais voilà les intentions n’aboutissent  pas toujours à des résultats satisfaisant pour eux.

Etude de la vie de ces individus laissés pour compte qui de toute façon ne peuvent pas s’en sortir, ils sont dépassés et enfouis trop profond dans la misère. Le malheur, même s’ils vivent le sourire aux lèvres, est plus fort, un jour ou l’autre il les emporte.

Les acteurs Victoria Cocias et Claudiu Bleont sont saisissant de vérité, on les suit, on rit de leur misérable vie, de leur vie sans relief, sans passion où l’on fait l’amour comme la vaisselle où rien ne surnage.

Il a beau travailler n’avoir rien; ses amendes pour état d’ivresse engloutissent tout, c’est désespérant et criant de vérité à la fois.

Le  jeu comme la mise en scène de Radu Dinulescu sont simples et justes, mais précis, on prend la gifle sans sourcilier, à voir absolument.

  

Jean-Michel Gautier

Théâtre du Bourg Neuf à 19h

23 mars 2009

Gengis parmi les Pygmées

Publié par jmgautier dans festival avignon 2007

Villeneuve en scène un haut lieu du théâtre itinérant

« Gengis parmi les Pygmées » à déguster

  

A Villeneuve pas de problème de parking, de la fraîcheur sous les arbres et une foule de compagnies avec leur chapiteau, leur point commun, le théâtre itinérant, celui qui va dans les campagnes, les villes partout où il peut porter sa parole.

Une compagnie du Sud « Conduite Intérieure » propose « Gengis parmi les Pygmées » histoire d’un marchand de légumes pris dans la fièvre du capitalisme et de la mondialisation. Le texte de Grégory Motton auteur anglais  considéré comme un des plus novateurs du 20°siècle  est porté à merveille par une superbe équipe de comédiens rompus à la scène.

Décor éclaté, le public est au milieu du dispositif, on joue presque avec, on le frôle, il est parti prenante impossible de fuir.

Le rythme est soutenu les actions s’enchaînent on est en peine effervescence économique, il ne  faut pas de perte de temps, il faut gagner des parts, garder l’attention.

Etourdir, emmener, embarquer… la vie est ainsi, il faut garder la tête froide mais c’est pas facile, la manipulation à l’échelle mondiale est en œuvre. Les majors pensent pour la masse, lui choisissent ses goûts, organisent insidieusement sa vie. Pas de scrupule pas de pitié, on aide mais toujours pour le profit faut pas rêver

Malgré un propos pas facile, la technique théâtrale bien huilée, le talent des comédiens, l’inventivité de Christian Chessa font que le spectacle emporte l’adhésion.

On suit leur propos avec aisance, on est même invité à festoyer, petit verre de rosé bien frais, gâteaux ..spectacle total emmené avec une superbe fougue

On aurait aimé pouvoir parler avec eux mais dure réalité du critique, il a fallu courir à, un autre spectacle…et vous courrez à Villeneuve tous les spectacles sont d’une rare qualité.

  

Jean-Michel Gautier

Villeneuve en Scène à 20h30

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